Comment le sacré des rois s’est denudé de toute notorièté au Cameroun

Étiquettes
1 novembre 2014

Comment le sacré des rois s’est denudé de toute notorièté au Cameroun

Longtemps considéré comme le représentant du créateur, comme Dieu sur le plan social et politique le roi est le lieu concentrique de la collectivité dont il est sacré le guide. Fô si (l’envoyer de Dieu en traduction littérale) le roi l’est par la volonté manifeste de Dieu. A son tour, ‘’Fô Pi Si’’ fait entendre que le roi est le lieutenant, le légat du mandataire de l’Eternel par ses frères pour les affaires civiles et terrestres.
Comment cette perception du roi comme un petit Dieu dont ses décisions ne devraient souffrir d’aucune contestation s’est effritée ?
Pourquoi ces honneurs et le respect dont son peuple le devait se rangent de plus en plus dans les calendes grecques.
Eh bien ! A partir du jour ou dans des chefferies les clauses du testament n’ont pas été respectés par les notables, l’autorité du futur roi fut mise en mal.
Les actes de corruption portés sur la place publique, la population s’est divisée et, a commencé par avoir des couacs sur l’autorité suprême du roi. Et depuis le jour ou le pouvoir politique au lieu d’entériner le choix des villageois et des notables a commencé pour imposer des chefs choisis hors du code de la légitimité des populations, l’autorité du chef s’est diluée par la réticence de certains ne le prêtant par allégeance. Avec l’évènement du multipartisme en 1990, les chefs traditionnels ont perdu beaucoup de l’influence auprès de leurs administrés parce qu’ils se sont plongés dans le jeu politique et ont pris des positions contraires au choix des peuples.
Nous avons constaté en ces années de braise au Cameroun lors de l’avènement du multipartisme et des élections multipartistes comment certains chefs à l’Ouest ont été nargué par la population. A Bandjoun un courageux a même porté main sur son chef. ‘’NGNIE KAMGA ‘’ voilà le roi qui était vénéré hier qui est devenu la risée des peuples. Voilà des hommes qui étaient loués, des hommes pour qui on construisait des monuments, des hommes dont les griots chantaient des louanges et citaient haut leur nom qui depuis peu commencent à sombrer dans la déchéance. En combinait avec le politique, les chefs traditionnels ont perdu leur autorité. Leur rôle d’arbitre souverain a perdu d’équité et d’éthique. La neutralité qui devait être leur caractère principal et qui leur permettrait d’être le Censeur des hommes à échapper de leur esprit. Le pouvoir politique en instrumentalisant les chefs traditionnels comme des acteurs acquis à leur cause et non celle des populations à fait perdre à d’aucuns toute la notoriété d’Antan. Il est sage que désormais, ils pensent leur statut par celui d’être un auxiliaire de l’administration mais qu’ils fondent et axent Leur pouvoir à la satisfaction du peuple.
Avec le pluralisme politique, le mythe de l’homme dieu attribué aux rois s’est effrité avec les antagonistes et les contrariétés que le contexte politique a soulevées.
Ce phénomène a même radicalisé la position de certains qui confinés soit au parti au pouvoir ou à l’opposition ont marqué un pas décisif dans les désobéissances futur de l’homme Dieu.
L’état du Cameroun en instrumentalisant les rois a commis un crime de lèse majesté qui semblent bien échappé à la vigilance de ces derniers. Ou alors d’une manière malveillante puisqu’ils ne peuvent non plus désobéir à la force de l’Etat, ils acceptent jouer un rôle trouble en sachant qu’ils mettent en mal leur autorité traditionnelle et légitime sur leur population. La légalité étant supérieur à la légitimité, le pouvoir supposé de l’homme dieu est désormais bâtir en brèche. Le chef supérieur ou l’homme Dieu peut-être acté en justice et être même condamné on a vu avec Fon DIM DAM un chef supérieur du Nord-Ouest
Peut-être d’ici cinquante ans, il y aura plus que l’architecture des chefferies, l’existence des Baobabs, arbre sacré, oint des dieux pour signifier à la prochaine génération qu’il y a eu des royaumes avec des rois à l’autorité forte sur se population.

Partagez

Commentaires