kaptueflorian

Marie, sacrée cul de Dieu

Adieu mon trésor
La décision n’est pas de mon ressort
Le ciel l’a voulu ainsi
Que de remords sans heure
En mon cœur plusieurs heurts

Des regrets à exprimer
Quelle désolation
Ah ! Quelle déception
Sache une chose, la vérité
De ton amour je suis indigne
Qu’ai-je fais pour ne point le mériter
Sacrée compagne

Je n’ose te montrer mon intimité
Pas que je suis impuissant
Il vaudrait mieux éviter le sacrilège
Quoi que tes rondelles m’excitent
Que ta chatte tant rêvé me sortent des mes gonds

Du ciel je ne suis qu’un pauvron
Dois-je de mon piètre liquide souiller ton cul sacré !
Ah ! que non

Laisses-moi défoncer plutôt un poivron
Les regards du ciel m’interdisent ton savon
Pauvre âme
Je ne peux t’aimer qu’en larme
Me masturbant en prononçant ton nom
Ah ! Que non

Quelle misère
Mais au fond du cœur, une fierté
Aux choses précieuses
Des pensées pieuses
Le ciel t’a coopté
Ce dont j’avais ressenti de si précieux
Les dieux l’ont pressentis longtemps avant
Je mourais de regret à te compromettre
De mon sexe

Ton cul est sacré

Je t’épargne de mon gland
D’ailleurs ce sale imbécile ne tient
Plus long en érection
Le ciel l’a voulu ainsi
Pour m’éviter les pires souffrances
Des nocturnes opérations

Ah ! Pauvre bout
Ton mystère n’est plus un tabou
Secret de polichinelle
Va t’en Marie
Cul sacré

Je n’ai pas eu l’honneur de découvrir tes prémices
Va t’en avec tes délices

Ah ! Cul sacré de Dieu
Comment sont tes baisers
Je voudrais découvrir la suavité de tes lèvres
Tes mouilles

Sont-elles glacées comme des flacons de glace ?
Comment sonder les secrets de Dieu
Ta chatte est réservée pour le divin
J’aurai voulu découvrir la chaleur de ton corps
Couvrir ta chatte de milles baises

Mais à quoi bon
Je trahirais l’idéal des dieux
C’est le saint esprit qui te baise
Tu es la dulcinée des dieux
Vas-y rejoindre les cieux
Tu as su flatter leurs yeux

Moi, pauvre Joseph
Je n’étais pas digne d’un tel honneur
J’aurai gâché ton bonheur

Ah ! Pauvre paria
Suis-je digne d’être le père du Christ.


candidat à l’immigration, halte à l’escroquerie des facilitateurs

Comment se faire du beurre en donnant à autrui l’impression de le soulager de ses souffrances. Le mettre en confiance et bien le spolier et qu’il ne se rende compte qu’à la fin des opérations ?
Parce qu’il faut fuir notre beau continent dont le climat des affaires, du monde du travail se détériore des jours au lendemain ;
Parce qu’il faut chercher un ailleurs meilleur que notre beau pays le Cameroun dont ironiquement on parle d’un havre de paix,
parce qu’il faut partir de ce bourbier, ce continent dont nous croyons être le paradis sur terre et dont notre espérance est diluée par la misère quotidienne, la jeunesse aux abois est devenue une couche assez vulnérable qui malheureusement fait le bonheur de ces fieffés escrocs tapis dans l’ombre sous le couvert d’un ange, l’envoyé miracle de Dieu, l’homme à la situation, meilleur passeur.
Ainsi plusieurs camerounais voulant s’offrir les services de ces agences de voyages qui vous brandissent des agréments dûment signés et font état des partenaires internationaux trempés eux aussi dans le business des voyages par des débouchés bien établis études, travail, se sont vus dépossédés au finish de tout leur argent.
Ces oiseaux de mauvais augures qui en réalité ne vous servent qu’une grande misère après et qui peut vous conduire au suicide ou dans une déchéance physique ou psychique affichent belle allure.
Ils louent des bureaux dans les hôtels ou des appartements haut standing c’est le cas de AUNAS group qui occupait à l’immeuble Michelin au Quartier Brazzaville à Douala au Cameroun ,un immeuble de grande classe, bien carrelés, des appartements au 3ème étage comme bureaux dont seuls l’équipement du mobilier et la sculpture des meubles jouaient de prime un argument pour vous dissuader de vos doutes sur la fiabilité des opérations.
Monsieur DJONTU Michel est une des victimes, ayant visualisé sur la bande publicitaire de la chaine multimédia un spot publicitaire concernant un voyage de travail dans le domaine des bateaux de croisière à destination de l’Australie organisé par l’Aunas Group (Study Immigration Travel Service) s’est rapproché des Sieurs CHEDJOU Simplice Directeur et Awounden fidèle DGA.
Plusieurs réunions ont été organisées dans les différents bureaux au boulevard urbain ESTIMMUBLE Michelin Building Brazzaville et ABC voyages et Services à Akwa Boulevard Amadou AHIDJO immeuble central Voyage 3ème étage porte 304.
Lors des réunions un protocole d’accord avait été signé et légalisé contre versement d’importantes sommes d’argent sous la référence N°2269 et 2270.
Le 16 Novembre 2014,une somme de 1500.000fcfa et le 08 octobre 1055000FCFA soit au total un montant de 2555000FCFA.
Grande a été sa surprise après versement des dites sommes de constater que lesdits voyages en date du 22 Novembre 2014 et le 22 Janvier 2015 n’ont pas eu lieu. Pis encor, depuis pratiquement un mois les bureaux d’AUNAS Group sont hermétiquement fermés sans aucune raison valable.
Ainsi s’achève l’aventure d’un jeune ambitieux qui a économisé pendant une dizaine d’années pour se voir, déposséder de son ragent par une stratégie bien pensée de ses congénères qui ne sont pas en panne de réflexion d’arnaque


les naufragés du sexe

L’amour passion vient de frapper une fois de plus, Aimer à mourir. Le quartier tergal une petite localité de la zone Nylon à Douala au Cameroun, vient de se remettre de ce crime crapuleux, odieux et vivement passionnel.
C’est l’histoire Amoureuse d’un jeune couple âgé entre 25 ans et 30 ans qui semblerait-il au début s’était juré amour et fidélité et dont l’apogée ne devrait être qu’autre que le mariage.
Jusqu’à là, il y a quelques mois, il coulait dans l’immensité harmonieuse du Bonheur, malheureusement contre toute attente pour l’amoureux, la lumière vive du couple heureux s’est amoindrie en dépit du fait d’avoir deux jumelles qui, sont le fruit de cet amour et, la situation conflictuelle s’est installée.
Eh bien pourquoi ? Au fil des jours l’amoureuse a trouvé que son gentlemen n’était pas l’homme idéal et s’est rétractée face à la demande de mariage mille et une fois renouvelée par son dit fiancé.
Elle aurait souhaitée mettre fin à cette relation dont elle trouvait subitement ennuyeuse. Malheureusement son amour ne comprendra pas cette rupture aussi gentiment qu’elle aurait voulue.
Elle lui rappelait demeurer la mère de ses enfants mais qu’il était hors de question qu’elle devienne sa femme.
Il y a environ trois semaines, l’homme s’est présenté dans la future belle-famille ; le domicile de sa fiancée. Celle-ci se faisait les tresses, une excuse qui n’a pas obtempéré la fureur dissimulée de ce dernier.
– je voudrai avoir une conversation avec toi
– je me dresse et le lieu n’est pas indiqué
– ce n’est pas grave insiste-t-il, retirons nous dans la chambre.
Telle peut-être le briefing de la causerie qui eut lieu entre les deux tourtereaux.
Une fois dans la chambre, il sorti son couteau de la poche et trancha la gorge de sa dulcinée.
Alertée par les cris de l’intérieur, sa grande sœur enjoint le voisinage et ensemble, ils forcèrent les vachettes de la porte.
Ils retrouveront la fille décédée et l’homme agonisant.
La police alertée viendra sur les lieux et ordonnera le transport de l’homme qui n’avait pas bien enfoncé le couperet dans sa gorge à l’hôpital général de Douala.
Il suit des soins hospitaliers intensifs et doit répondre de ses actes dès que l’occasion se prête devant le tribunal pénal du Littoral
Cet événement malheureux a fait les choix gras de la presse et des radios locales il y a trois semaines.
Pauvre de nous les amoureux passionnels, nous courons souvent sur du sable mouvant.
Le gars répondra pénalement mais sa belle famille se devrait d’exorciser le mauvais sort dans la famille pour que ce genre d’acte ignoble ne récidive plus jamais.

C’est aussi ça l’Afrique.


Afrique, lutte contre la pauvreté IPD Afrique Centrale se lance dans la bataille

Contribuer à l’insertion socio professionnelle de 3738 jeunes défavorisé ( e)s âgé (e)s de 18 à 35 ans dans 9 pays de la sous-région Afrique Centrale dont 462 lors de la première phase de trois ans dans les trois pays pilotes que sont le Cameroun, le Tchad et la RDC tel est l’objectif global du programme fare démarré le 16 Mars 2015 par l’Institut panafricain de développement Afrique Centrale dont les heureux élus recevront une formation au métier d’artisan électricien, entrepreneuriat, soutenu par les partenaires techniques que sont :
– La Fondation Schneider Electric
– Schneider Electric
– ONUDI
– Bureau de sous traitante et de partenariat du Cameroun
– PNUD Tchad
Et les financiers tels que :
– Fondation de France
– Fonds National de l’emploi Cameroun
– Office national pour la promotion de l’emploi Tchad
– MINPMEESA Cameroun
– MINEFOP Cameroun
Cette formation distinguée par son approche genre accordera 25% des jeunes défavorisés au sexe féminin. Il est important de mentionner 6 autres pays de la sous- régions Afrique Centrale (Congo, Gabon, Burundi, Rwanda Guinée Équatoriale, Centrafrique) adhérant au projet.
D’ici neuf ans, le projet fare espère comme suscité ci-dessus insérer 3738 jeunes défavorisés dans le tissus-socio professionnel.
Il serait aussi important pour ceux qui recevront des formations qu’en outre, en attendant le coup de pouce des partenaires au projet, qu’ils capitalisent dans la possibilité de leur moyen respectif, leur savoir faire et autres capacités qu’ils possèdent pour essayer de s’installer. Ne dit-on pas chez nous que c’est en essayant de se frotter le corps que l’enfant Acquiert la capacité de se baigner proprement ? vivement bonne chance….


le procès des dieux « deuxième partie »

Père Philippe de retour de la visite des pièges un soir, vint à trouver son salon plein de ses vieux amis qui pourtant, l’avaient abandonné. Il les avait épiés sans mot dire. C’est ça l’Afrique !!! Objecta-t-elle, finalement dans sa chambre, aujourd’hui que mon fils à l’argent, mes vieux amis de service me rejoignent sans être convié à une invitation. Ah ! Sacrée Afrique au lendemain de ce jour.
Il était 6h30 min quand on vint réveiller MOTEMO en l’informant de la grave maladie dont son frère en souffrait horriblement. Surpris par la nouvelle car cette maladie s’avérait être inopinée, il n’y prêta aucune attention particulière. Il voulu se rendre au lieu de service quand père Philippe vint de lui-même le chercher et le conduisit jusqu’auprès du malade.
Là, il se rendit compte que son frère aîné TAGNE souffrait vraiment. Toute la nuit, expliqua père Philippe ; cet enfant n’a pas fermé l’œil un seul instant, et nous avec. D’ailleurs comment s’endormir sans être réveillé par ses multiples gémissements ?
Il me semble que cet enfant est victime des coliques. Regarde comment il se torture le ventre ; ça peut être des vers intestinaux. Va nous chercher le vermos. Non, cela fait juste trois semaines qu’ils ont consommé le remède pour combattre les vers ça l’air plus sérieux que nous ne le pensions. Ça peut-être un poison. Non reprit, MOTEMO, nous étions seulement trois à boire de la bière hier-soir et entre nous les frères. Qui l’aurait donc empoisonné ? Ce peut être le poison de nuit. Que sais-je.
Seule le diagnostic d’un docteur pourra nous épargner de nos vilaines réflexions. Vas-y donc chercher le docteur.
Le docteur, Fernand bien que la soixante atteinte, pouvait se déplacer d’un bout de village à l’autre. Dans le seul but d’aller sauver une âme en souffrance. Ne pouvons transporter urgemment TAGNE jusqu’auprès du docteur par carence de moyen de transport viable, ne pouvant risquer d’emprunter le pousse-pousse dont une roue était même crevée, on fit sitôt appel au docteur qui vint à pied dans les tréfonds du village des « poches » pour diagnostiquer le mal que pourrait souffrir TAGNE. On voyait vraiment en lui, un véritable homme de Dieu. Même coléreux, il s’efforçait de sourire. Sa disponibilité, sa serviabilité lui avait valu tous les titres honorifiques dans le village.
C’était un blanc ; un missionnaire blanc pas comme les autres. En dehors de lui, aucun blanc ne se serait déplacé pour cause d’aller sauver la vie d’un Nègre. Il ne connaissait pas de discrimination. Selon son entendement tous les hommes, de races confondues, étaient tous les brebis de Dieu. Il ne suffisait pas seulement de prêcher l’évangile comme si on était obligé parce qu’il faille faire plaisir à la hiérarchie. On pouvait même se passer de lire la bible, d’aller à l’église. Mais agir conformément au principe du bon sens. Il raffolait de rage contre ces blancs, qui, se vantaient de leur éducation, de leur instruction et pire encore de leur nutrition. Ah ! Quels salauds de prélats !!
Alerté, il prit quarante cinq minutes pour rejoindre précipitamment le domicile de père Philipe. S’étant essuyé le visage du revers de sa main, il plaqua ses binocles à ses petits yeux de papillon.
Le port de ces lunettes lui rajeunir son visage carré de quelques années. Oh ! Mon pauvre TAGNE… Qu’est-ce qu’il ne va pas ? TAGNE balbutia des mots inaudibles. Père Philippe suggéra qu’il pourrait s’agir d’un poison. Nous lui avons donnés des remèdes pour le paludisme, du vermos pour les vers mais les résultats sont nuls, renchérit-il. Ainsi, c’est plus compliqué et plus complexe !
A l’aide d’une boite, le Docteur Fernand recueillit les selles et l’urine de TAGNE et prévint MOTEMO de venir chercher le résultat en début d’après-midi. Sur le champ, il le fit avaler quelques calmants et soudain TAGNE sentit sa douleur se calmer. Il dormit quelques instants. Dare-dare dans son labo, le docteur Fernand examina les selles et puis l’urine. Pouf ! Il n’y trouva aucun indice correspondant à l’identification d’une quelconque maladie. Il refit cet examen plus d’une fois ; à la dernière fois, en l’observant, on aurait cru que le nombre de rides doublait sur son visage déjà anxieux. Courroucé sans doute par la médiocrité des découvertes, il sortir de son laboratoire avec une folie—. Au moment où il engageait à pieds, le raccourci qui mena chez père Philippe, le moteur de l’unique voiture de marque Suzuki ronflant— dans la cour d’hôpital. Son auxiliaire père Bouffon venait de rentrer de ses promenades avec à son arrière une gonzelle. A peine stationnée, le docteur Fernand en prit possession. Il eut à faire que dix minutes de conduite pour atteindre le domicile du malade. De l’intérieur, il criait d’une voix presque larmoyante et suppliante, hé ! Hé ! Qu’attendez-vous pour me conduire le malade ? L’attente ne fut pas longue. MOTEMO et père Philippe accompagnèrent le malade jusqu’à l’hôpital du diocèse.
Voilà mon cher ami couches-toi ici, ordonna le docteur Fernand au malade. En plusieurs reprises, il fit et refit ses analyses, ses observations mais hélas. Rien ne pouvant être considéré comme un signalement quelconque à une maladie. Rien ne pouvait signifier un empoisonnement.
Alors cher Philippe je suis bien désolé. Médicalement votre fils n’est pas malade. Voici les clichés radiographiques et les différents examens. Comme nous sommes en Afrique, veillez voir du côté des traditions et du côté de la médecine traditionnelle ce peut-être une maladie mystique ou quelque chose relevant purement et simplement des coutumes. Ce que je peux vous dire en observant votre fils, c’est qu’il va mal et très mal même.
Il était cinq heures quand père Philippe sortir des draps. Le matin d’un dimanche pour se rendre en forêt. En compagnie de MOTEMO, ils parcouraient les pistes en bavardant quand soudain, ils rencontrèrent sur leur chemin un vieillard.
Père Philippe eût du mal à reconnaître TOMBOULE. Ce grand KAHMSI ; ayant retenu le bras de MOTEMO, l’entretena en ces termes : « Fils, tu n’es plus un gosse ; il est l’heure que tu assumes tes responsabilités. »
– De quelles responsabilités s’agissent-ils ?
– Tu devras faire des sacrifices aux ancêtres enfin que ceux-ci t’intercèdent devant l’Eternel.
Si tu tiens à ta prospérité et au bonheur de ta famille vas-y et fait les d’aussitôt. Tu as intérêt à les faire si vite parce que delà dépend la santé de tes frères. Père Philippe qui s’était rendu compte d’être seul à longer la route, fit marche arrière et comprit la dernière phrase. Il écarquilla les yeux pour bien voir s’il se trompait de la voix de TOMBOULE.
Ah, vieil ami qu’est ce que le ciel est grand ! Dire que je suis passé tout prêt de toi sans le remarquer. En effet, la longue barbe blanche que traînait TAMBOULE, le grand KAHMSI du village, depuis la mort de sa fille unique, juste à la veille de son mariage, le rendait méconnaissable. Cette mort l’avait longtemps chagriné au point qu’il en vînt à se négliger. Sa ronde petite tête d’autrefois supportait une grande forêt ; ses gros yeux étaient devenus dans cette forêt méconnaissable pour la recherche d’une herbe médicinale, il paraissait être immunisé contre la piqûre des ronces et des bestioles. Ce sont ces détails qui l’avaient fait passer pour un fou devant père Philippe.
— Au village, père Philippe invita tous les enfants au salon. Du jamais vu ; c’était la première fois durant son existence que père Philippe établissait un dialogue franc entre lui et ses enfants. De coutume seules les relations verticales leurs unissaient. Alors mes enfants ; il est grand temps que vous sachiez l’histoire de notre famille. Je suis le dernier rescapé d’une très large famille issue de la dynastie des WABO TAYOUTUE.
Il y a de cela plusieurs décennies que nos ancêtres notamment WABO TAMEUDOM TAYOUTUE, traversa l’eau de YOGAM en provenance de Bangoua pour s’installer dans ce village. Il serait parti de là, parce que ne voulant pas hériter son feu père. Son frère TCHATUE serait devenu par la suite successeur. Tout ce que l’on sait de TAMUEDJOU, c’est qu’il s’est avéré être grand guerrier. Ce talent venant confirmer le nom qu’il reçu de ses parents. Il aurait combattu auprès du chef de ce village pour épargner notre terre de ses ennemies multiples, dont le plus redoutable fut FOTSO II, chef du canton voisin qui, rêvant étendre la frontière de sa contrée jusqu’au limite du Lac Tchad, n’épargnait aucune communauté lors de ses conquêtes.
En fuyant le trône à Bangoua, ne voulait pas succéder à son père, il croyait se dérober des durs sacrifices imposés aux WABO. Ce ne fut qu’un rêve. Une fois installé aux côtés du chef de notre nouvelle communauté, il fut coopté WABO et ceci par récompenses à ses multiples services. Il eut près de trente femmes et quatre vingt enfants. En fronçant ses sourcils et en dissimulant ses dents carrées, père Philippe dans une quinte de toux étouffée, détourna ses yeux en disant : « c’est dommage qu’à sa mort, il ne lui resta plus que quinze fils. Vous comprenez toute à l’heure comment c’est difficile d’être WABO. Etre WABO, demande de faire régulièrement de sacrifices humains. Il en faut quatre vingt dix personnes pour être consacré pleinement à ce titre. Ce dernier serait mort à l’âge de cent dix ans et alors, vint au tour de mon père d’être WABO.
WABO FOTUE TAYOUTUE, comme il convient d’appeler mon père, régna pendant plus de cinquante ans. Il dû balayer ses frères et certains de ses enfants pour combler le nombre restant à compléter. Quand il fût mort, il me resta seul mais, avant de mourir, il interdit formellement que ce serait une injure que j’hérissais de son trône.
Longtemps chagriné par la mort de son préféré, il ne trouva pas en moi un fils digne d’être bon successeur.
KAMGA, mon frère aîné était son fils préféré. D’après les coulisses, il lui aurait doigté dans leur cercle pour qu’un jour, s’il vint à mourir qu’on en cherchât pas son héritier en hésitant. Mais, son ami SAM aurait trahi sa confiance. Ce fût un jeudi, ce jour fatidique ou, il fallait tronquer l’argent, et les pouvoirs reçus dans les sociétés secrètes contre une chèvre, que SAM au lieu de précipité en guise de sacrifice SIEGO qui, serait mot plus tard naturellement, choisit de poignarder mystiquement KAMGA. Après ce décès, WABO FOTUE fut fort chagriné qu’il en mourut de chagrin.
– Pourquoi ne pouvait-il pas lui-même être directement auteur de ce forfait ? Interrogea MOTEMO qui, suivait attentivement l’histoire.
– Les WABO ne sont pas aussi naïfs tel que tu pourrais le croire. Ils se protègent du caddie. Du moment où son ami tue en son nom, quoique vous fassiez, il est épargné de toute atteinte. C’est ainsi qu’ils opèrent. D’ailleurs que feriez vous quand ils — ont — en eux, leur écorce qui leur procure une sorte— de pouvoir ? Nous avons vu des gens crier de rage et courir avec frénésie munis de coupe-coupe ou de hache dans le but de les effilocher. Mais toute fois auprès d’eux, ils furent anéantis par on ne sait quoi. Seule une femme aurait réussi le coup—— sa fille venait de mourir ; soudainement quand son mari voulu pénétrer sa chambre pour s’assurer de sa protection, elle lui porta le coup fatal ; un bon coup de gourdin et, il tomba raide mort.
– Qu’est ce que c’est merveilleux suggéra MOTEMO ; c’était une véritable réplique.
– Revenons à nos moutons, s’enquit père Philippe. Dans une voix demi teinte, comme s’il avait soudainement été enrhumé, père Philippe repartit en disant. MOTEMO, mon père voulu que tu deviennes son successeur. Les paroles de TAMBOULE m’ont réveillé la mémoire le matin. MOTEMO qui venait de perdre son sourire, comme affolé par cette révélation, avait maintenant un visage crispé et suivait plus attentivement la conversation.
– MOTEMO avant de mourir, mon père me fit cette confidence. Ah, pauvre Philippe ! Me voici au crépuscule de ma vie mais, tu ne pourrais m’être utile dans ma succession qu’à un seul point. Dans les entrailles de ta femme, les Dieux sont entrain de forger mon successeur. Ils mettront dix ans à le façonner. N’en fait donc pas un problème si ta femme à de problème de maternité pendant une décennie. Je te le préviens parce que je t’aime. Pendant, dix ans, ta mère poule sera victime d’une ménopause précoce mais, à la onzième année, naîtra un fils. Garde-toi de le donner un autre nom que celui de MOTEMO.
Voilà MOTEMO. Les faits se sont confirmés. Ma femme a bien fait dix ans sans maternité et comme miraculeux, tu pénétras son vagin. Quelle trouille, tu as causé !
Pendant quatorze ans depuis ta naissance, j’ai connu milles misères et tracasseries. Il reviendrait donc de part mes analyses, que c’est WABO FOTUE qui t’aurait façonné. Congénitalement. Les faits sont vraisemblables pendant toute l’existence de ce salaud de père, il nous a fait connaître de tas de misères. Ainsi donc, tu es l’incarnation parfait de WABO FOTUE. Il n’y a rien d’étonnant que tu sois son successeur.
– Ainsi donc, j’ai eu des oncles ?
– Oui MOTEMO, assez que tu ne pourrais les énumérer
– Ah, Pauvre père, tu ne peux pas savoir ce que sait que d’admettre cette vérité.
Au cours de ces dernières années, sur mon chemin, j’ai dévisagé tous les hommes espérant trouver un qui, te ressemblerait. Sans trop de timidité que j’éprouve à ton égard, je me serais donner le luxe de te le demander. Depuis longtemps si j’eus un oncle.
Aujourd’hui, tu affirmes que j’en ai eu assez et que l’homme dont je suis appelé à succéder les a précipités.
Père, il faut franchement que je lui succède.
– Quel drôle de question ! Puisque ce fut sa dernière volonté, son plus cher souhait. Il faudrait que tu le fasses. Il faut que sa dernière volonté fût exhaussée sinon, nous attirerons sur nous, le courroux des Dieux.
Ah ! Si mon ami Jean Paul pouvait suivre ces conneries.
Oh, Jean Paul ! Où es-tu ? Pour que je te dise que j’eus des oncles comme les siens.
Durant toutes mes années scolaires, Jean Paul me promena chez tous ses oncles.
Sais-tu ce dont nous recevions ? Des jouets pour les fêtes de Noël, des bonbons, des chocolats et que sais-je encore ! Qu’est ce que c’était humiliant que je ne le promenasse pas chez l’un des miens pour qu’il reçoive les faveurs.
Ah ! Mes pauvres oncles ; s’ils avaient existé !!!
Aujourd’hui, vous voulez que je glorifie WABO FOTUE en le succédant et que faites-vous du fait qu’ils, les WABO ont empoissonné notre existence.
– T’as pas le choix ; c’est ça l’absurde de notre existence en terre Bamiléké.
Cessez d’y réfléchir.
Bonne nuit les enfants.
Il était dix heures quand MOTEMO pénétra la grande bibliothèque de la Mission Catholique. Il se dirigea vers les rayons de littérature où, il entra en possession du livre de Hamadou HAPATHEBA intitulé « L’étrange destin de Wangrin ». Des étranges idées foisonnaient dans son crâne, il répugna le désir de lire en refermant son livre. Pour véritable distraction, il se laissa convaincre des charmes de la jeune Myriam. Il dévorait des yeux, cette jeune fille dit on venue en vacances. Dans sa robe tellement endimanchée qui laissait transparaître la politesse de sa poitrine, elle paraissait âgée de près d’une vingtaine d’années ; mais ses cheveux noirs coupés courts, donnait l’impression qu’elle paraissait plus jeune surtout de part le port des lunettes qui rendaient son visage plus minuscule.
Sa manière de parler avec délicatesse avait du charme. Elle semblait assez réfléchir pour articuler le moindre mot. MOTEMO qui en réalité aucune femme aussi riche, intelligente, civilisée, éduquée et belle soit-elle n’avait particulièrement jamais puis le convaincre de ses charmes, succombait peu à peu au charme de Myriam. Elle semblait le dominer d’un peu de sa taille d’un mètre soixante quinze et peut être vraiment de son âge. Mais ce n’était là, que de moindre détail qui n’enlevait rien à la grande beauté de cette créature. Il l’épiait d’un regard furtif, évitant la moindre coïncidence du regard ; quand elle sortit de la bibliothèque pour rejoindre son domicile, dans un quartier chic de la ville, MOTEMO se reprocha sa lâcheté pourtant il étouffa en lui toute résistance de la poursuivre. Pour se consoler, il se dit qu’elle n’avait rien d’aussi extraordinaire que les autres. Mais c’était de la peine perdu. Elle venait de mordre dans le cœur de MOTEMO un besoin vif d’aimer. D’aller au profond de l’Amour. La morsure avait été si profonde qu’il se reprocha une énième fois le fait d’avoir étouffé ce désir de la draguer… sur ce, il couru vers la maison en se disant qu’une autre fois sera la meilleure, MOTEMO surprit père Philippe entrain de presser les seins rassis de MEGNE, il espérait que même des hauts de ses soixante dix ans, il trouverait encore dans cet abreuvoir, quelque réserve de son lait préféré.
Quant à MEGNE, elle râlait de plaisir et de joie ; elle était confiante que père Philippe ayant reprit goût à son breuvage dont elle seule pouvait le gaver, l’aimerait toute la vie. Pour s’en convaincre que ce n’était pas un fait fantoche pour distraire ses illusions, elle tata la culotte de père Philippe pour se rassurer si sa baguette prenait du volume ; s’il éprouvait encore du plaisir à la faire l’Amour.
En voyant l’ombre de MOTEMO s’élever sur le sol, père Philippe releva subitement la tête en y laissant échapper au sol, peut-être l’unique goutte de lait.
– Ainsi donc papa, tu éprouves encore du désir charnel.
– Tu ne peux pas savoir comment ta mère me rend dingue… je l’aime…
Cette phrase, « je l’aime » fit de sorte que MOTEMO rêvasse de Myriam. Par une sorte de transposition, il devint soudainement père Philippe et la mère Megne devint Myriam. Il se surprit entrain d’avaler une grosse salive.
Père Philippe ayant remarqué que son fils était hors d’haleine le questionna : qu’a-t-il, t’arrive MOTEMO.
– C’est rien papa, je pensais justement aux histoires d’hier soir.
Pourquoi et comment dois-je faire des sacrifices ?
– Revenons-en à l’histoire pour que je t’explique le fondement du principe.
Il y a longtemps, des centaines d’années, très longtemps que je ne pourrais te situer avec exactitude l’époque vivaient deux hommes sur terre.
L’on ne suit trop pourquoi un jour, l’un d’entre eux décida de mettre terme à la vie de son frère. Restant seul sur terre, le meurtrier cru être la victime d’une certaine malédiction. N’en revenant pas du fait que, c’est de ces propres mains, qu’il mit fin aux jours de son frère. Il s’imposa un rituel pour se faire pardonner… la solitude dans laquelle il s’était lui-même imposé était là sa grande punition et cette malédiction dont-il redoutait. C’est ainsi qu’il aurait déterré le corps de son frère et, de ses ossements, il retint les os du crâne.
– Qu’est-ce qu’il en fit de cela ? Interrogea MOTEMO.
– Ne soit pas si pressé, j’y arrive.
Quand il prit possession du crâne, il vint le conserver dans sa case, tout près de son lit et aussi pas très loin du feu. Pour le rituel, chaque mois qu’il s’offrait un repas dont le disparu avait aimé, il en prenait soin de verser sur ce crâne une poignée, tout en le suppliant de l’intercéder devant Dieu pour qu’il le pardonne et le sort de sa solitude.
Ce meurtrier avait la ferme conviction que seul le mort pouvait l’intercéder réellement devant l’éternel. Ne partageaient-ils pas ensemble le monde de l’invisible et ses secrets !!
La mythologie affirme qu’il aurait eu gain de cause, car plus tard, Dieu façonna un être à son image à l’aide de ses côtes et celle-là devint sa femme. Ainsi, il fut sauvé de la solitude.
MOTEMO qui se sentait si seul bien qu’il fût en compagnie de son père, cru avoir Myriam auprès de lui. Quand il tendit la main pour prendre possession d’elle, il ramassa au sol une statuette.
– Ainsi donc papa la même malédiction est en moi grogna-t-il à l’intention de son père qui ne pouvait rien comprendre à cette parabole.
Son père continua l’histoire en disant : « nous sommes donc les héritiers de cette tradition et puisqu’on en parle, il y a un devoir sacré qui nous incombe. Va, nous chercher une pelle et une houe.
– Creuse là fiston.
En observant MOTEMO hésiter, raillant en ces termes il dit ah, mon gaillard ! T’as pas de couilles ; tu n’es qu’une photo d’homme. Creuse, va s’y mon fils.
En quelques minutes et pour peu d’efforts, ils se retrouvèrent dans les profondeurs du sol à deux mètres.
– Eh bien, voilà ce qui nous intéresse. Il indiqua de son index les os du crâne.
Ce qui nous reste à faire, c’est de le mettre auprès de ses frères. Jamais MOTEMO n’avait pénétré pareille case ; peut-être il l’aurait fait si son grand-père avait survécu, cette case ronde, haute de trois mètres, soutenue à l’extérieur par huit piliers dont quatre se situaient à la façade, deux autres du côté gauche de la case et sur le plan droit, les deux autres. A l’intérieur, un pilier était juste planté au centre de la maisonnée. La toiture faite de pailles avait conservé intacte sa solidité et surtout sa beauté.
MOTEMO en s’avançant dans la pénombre de l’obscurité heurta son tibia en se torturant de douleur, père Philippe activa sa torche. La faible lumière qui éclaira la pièce permis à MOTEMO de remarquer là le couchage sans doute de son grand-père, un vieux lit fait de bambou dont les punaises en avaient élus domicile. Juste à côté du lit, à quelque mètre, il observa un foyer au-dessus du foyer pendait encore une vieille marmite de pot suspendue en l’air par un crocher de fer. Loin en haut, d’où ce fer prenait sa source, son père lui indiqua le grenier. Son père appela cette piètre case, la grande maison. S’éclairant toujours de la faible lumière qu’émettait sa torche il indiqua l’endroit où devait désormais, rester le crâne de WABO TAYOUTUE.
– Mon fils approche ; ici repose par ordre chronologique WABO TAYOUTUE 1, WABO TAYOUTUE 2 et WABO TAYOUTUE 3. De l’autre côté, ce sont les femmes et tes oncles mais pour l’instant, cela t’intéresse de très peu. C’est pour cette raison que je parlais toute à l’heure de la grande case parce qu’ici, reposent nos Dieux. A présent, faisons un tour dans la concession très loin là-bas, cet arbre là, représente notre chapelle familiale.
Tu vois donc que l’exercice que nous venons de faire n’est pas seulement une distraction d’esprit. Cela demande une mémoire, il ne faut pas se tromper de crâne quand il faut faire de sacrifice et outre, cette case est notre album photo, elle regorge assez de bons souvenirs en observant le crâne de chaque membre de la famille, tu peux établir par ce fait un arbre généalogique et d’une manière chronologique de ta famille.
– Alors mon père en quoi consisterait donc les sacrifices dont je suis appelé à faire.
– Ecoute fiston. La mort de mon père, seule la raison qu’il serait mort chagriné du décès de son préféré avait été élucidée comme cause de sa mort. Personne n’a eu vent de cette autre raison et Dieu merci, cette rumeur n’en a pas courue. Il s’agirait de ma mère, et sa plus jeune épouse. Ma mère fut peut-être jalouse des égards que mon père lors de son vieil âge entourait sa dernière épouse. Cette jalousie l’aurait contrainte finalement à lui servir un plat empoissonné.
Nous devons aujourd’hui faire des sacrifices aux Dieux pour qu’ils oublient cette ténébreuse situation.
– On la suppose seulement ; le grand-père serait mort en conjurant les Dieux de notre famille pour nous maudire.
– Ainsi WABO TAYOUTUE a été si cruel jusqu’à là ?
– Oui.
– Et vous croyez qu’un impur peut nous intercéder devant les Dieux ?
– Que sais-je.
– Alors mon cher papa, sais-tu pourquoi je ne m’étais jamais confessé devant le père Bouffon ? Parce qu’il aimait trop les bas de jeunes et qu’en plus de cela, très souvent, il était accusé de détournement des deniers de culte.
En toute honnêteté, comment un tel esprit souillé peut-il penser être l’ultime intercesseur entre les esprits purs et nous autres ? Ceci reviendrait à dire que si c’est pour les Dieux de TAYOUTUE, ces piètres sacrificateurs que je devrais faire ces sacrifices dans le sacré but de nous intercéder devant l’Eternel, je ne le ferais jamais.
MOTEMO était revenu plusieurs fois à la bibliothèque sans jamais plus y trouver Myriam.
– Son absence le faisait discrètement aigrir. Sans le savoir il souffrait déjà pour cette inconnue qu’il n’eut la chance qu’une seule fois de la voir. Son cœur en avait pris un coup.
Une voix vint à réveiller de ses rêves. Celle de son frère,
– Oh ! Frère nous t’avons fouillé partout ; la santé de notre aîné va de mal en pire ; père Philippe a demandé que tu viennes le plus vite possible.
En sortant de la bibliothèque, il rencontra Myriam qui longeait le corridor mais que pouvait-il lui dire en ce moment ! Il n’eut que le temps d’observer sa démarche gracieuse et son cœur battit si fort qu’il n’eut même pas le courage de lui dire bonjour. C’était la première fois que MOTEMO se sentait humide devant une femme. Lui, qui avait été jusque là, toujours arrogant et fier de sa personnalité ne comprit pas ce qu’il arrivait. Myriam, cette illustre inconnue l’imposait du respect. Le fait qu’elle lui avait effleuré le procurait une curieuse joie et surtout, il partit avec l’odeur de son parfum.
Tout essoufflé, MOTEMO retrouva père Philippe en larme. D’une voix entrecoupé, il lui dit, « il est mort » d’un regard accusatif et plaintif, il lui rejeta, tu aurais du faire des sacrifices MOTEMO. En voici le prix de ton entêtement.
– Non, je n’y pense pas. C’est la volonté de Dieu, rétorqua MOTEMO.
MOTEMO aperçu une silhouette, écarquilla les yeux pour mieux voir celui qui tenait sa main. Si s’avait été le père Bouffon, il aurait piqué une crise. Heureusement pour son cœur que ce fut le Docteur Fernand.
Après le bréviaire de père Bouffon qui, aimait s’afficher en pareille circonstance aux yeux du public, on enterra TAGNE
Evènement triste mais gaie également pour le compte de MOTEMO qui, profitant de la collation, par sans avoir rassemblé un agrégat de courage, souffla deux mots tendres dans les délicates oreilles de Myriam, celle-ci répondit à son invitation d’être à ses côtés par un sourire affectueux.
Ils n’eurent pas le temps de célébrer leurs retrouvailles et leur accord de mener une vie commune car, d’une course folle, père Philippe vint annoncer en fondant en larme que KENGNE, son deuxième fils souffrait depuis quelques instants de mêmes maux que le défunt.
Sans prendre garde à l’assistance, il tira MOTEMO par sa chemise en marmottant, tu dois prendre charge de tes responsabilités. Cesse de jouer au intellect, au philosophe. Mes enfants sont entrains de mourir ; est-ce que tu le comprends, hein, fils de vampire. Qu’est-ce que tu es venu faire pour nous ! Doucement papa, ne t’irrite pas tout.
Monsieur l’abbé, avant de mourir, nous disait que seul un esprit pur, vrai pur pouvait nous intercéder devant Dieu. Nos ancêtres sont des incapables. Aucun WABO ne peut se donner ce luxe. Est-ce qu’il est possible que toi, esprit pur, pour atteindre l’éternel, autre esprit trop pur, puisse passer par WABO TAYOUTUE, le sacrificateur ? Ne trouves-tu pas que l’intermédiaire n’est pas purifié !!
S’il faut que je fasse des sacrifices à des sacrificateurs pour qu’ils m’intercèdent devant Dieu, je préfère en mourir moi-même. J’ai l’impression de louer les enfants de diable au lieu des disciples de Dieu.
Il faut qu’un esprit soit pur pour communiquer avec Dieu. Jésus Christ l’était et peut-être certaines de ses apôtres mais nous avons corrompu les mœurs.
Quant à l’histoire, il y a lieu de remarquer que le mort fut un être pur ; il ne fit aucun pêché en l’encontre de son frère. Seul le meurtrier lui était redevable. Le meurtrier en communiquant au devant du crâne de son frère, en lui faisant des sacrifices, offrait des dons à un esprit pur. Et c’est pourquoi la communication et la relation entre les trois pouvaient être établies. C’est le malfaiteur qui se répand.
Dans notre cas, tel n’est pas la réalité, c’est nous autres, pauvres innocents, qu’allons demander pardon aux sacrificateurs et pire encore, pour qu’ils nous intercédassent devant lequel Dieu !
Ah, fiston quelle brave plaidoirie ton frère est entrain de mourir et tu trouves le temps de philosopher. Par rapport à notre cas, c’est le préjustice que notre maman aurait commis au père que nous voulons résoudre, suffoqua père Philippe.
– Que le diable l’emporte. Que vaut ce poison si véritablement il y eut lieu, par rapport au nombre de ses meurtres ? Le diable c’était emparé d’eux et, il est normal qu’ils réglèrent leur compte. Nous autres, nous n’avons rien à y voir.
– Mon fils n’oublie pas que l’iniquité des pères s’abat sur les fils jusqu’à plusieurs générations.
– Est-ce en se formalisant aux traditions, de cette manière, en faisant des sacrifices au diable que vous pensez l’absoudre ? pas avec mon concours.
Comme ils étaient entrain de se chamailler, Megne vint presque toute nue, toute essoufflé, nonobstant des injures en annonçant la mort de KENGNE.
Vous avez tué mon fils ; KENGNE est mort. Père Philippe larmoyant, cria : « MOTEMO, MOTEMO. MOTEMO mijota : mieux vaut tous mourir pour que naisse une nouvelle génération d’hommes sanctifiés. »
Cela faisait un an que MOTEMO et Myriam menaient officieusement une vie commune. Il fallait donc officialiser les choses civilement et traditionnellement et pour ce, MOTEMO reçu le consentement de ses parents.
Ce fut un vendredi soir qu’ils partirent voir le maire pour s’unir pour le meilleur et le pire. La mariée dans sa robe blanche, rayonnait de beauté et de gaieté. En observant MOTEMO ce jour là, on aurait cru qu’il célébrait ce mariage pas de gaieté de Cœur.
Son visage était plutôt sombre et triste. Au cours des cérémonies, il eut l’air complètement égaré. Bien que trop costumé et parfumé, sa galanterie se perdait pour des idées obscures. Sa timidité en lieu de cérémonie fut étonnante.
Quant à MEGNE, la perte subite et sans grande intervalle de ses fils l’avait presque rendue folle. Elle s’était vêtue de son vieil cabas et portait des sandales. Elle avait drôlement refusé de porter les habits neufs que lui portait MOTEMO. Les gens crurent que c’est le piètre état de sa mère qui mettait MOTEMO hors d’haleine. Père Philippe avait contenu son amertume dans le whisky. Bien que broyant de noir, il donnait l’illusion d’être sur ses pieds. MOTEMO était perdu, on dû le réveiller enfin qu’il récite après le maire et pour qu’il fasse un baiser solennel à Myriam.
Myriam ne comprit rien à l’habitude de MOTEMO, elle fondit en larmes croyant que MOTEMO regrettait déjà aussitôt le fait de l’avoir épousée. Lui qui profitait de toutes les occasions pour l’arracher sa langue n’éprouva aucune émotion quand elle lui tendit ses lèvres
Dans une atmosphère mouse, faite de suspicions, ils rejoignirent le domicile conjugal et une fois à la maison, on comprit que ces mauvaises humeurs présageaient un malheur.
MEKUATE, l’unique fille de père Philippe se torturait le ventre en serpentant le salon.
Elle succomba après dix minutes.
En espace de cinq ans, père Philippe avait assisté impuissamment à la mort de ses enfants à l’exception de MOTEMO qui, souffrait de l’ingratitude de son mariage.
MOTEMO qui semblait être l’unique rescapé d’une épidémie, devenait plus en plus vulnérable. Il souffrait depuis un mois, d’une horrible maladie légèrement différente de celle qui avait emporté ses frères dans l’au-delà par une diarrhée.
En observant la nudité de sa femme dans la chambre il eut soudainement envie de baiser. Son corps chétif devint aussitôt un objet d’amusement pour Myriam. Elle s’amusait dans les draps à caresser les os des côtes qui se dessinaient sur le corps squelettique de MOTEMO. A l’inverse de son père qui raffolait de lait, MOTEMO avait une prédilection pour les lèvres et râlait de plaisir quand sa dulcinée pinçait ses testicules pour qu’en fin, sa maigre baguette puisse entrer en érection.
Elle y parvint après trop d’efforts et Myriam qui n’avait jamais percé le secret du chant du cop, sentir au troisième chant du cop une torride eau, tellement chaude, inondée son vagin en la pénétrant jusqu’à la profondeur de sa chair. Jamais en faisant l’Amour avec MOTEMO, elle n’avait eu pareille sensation et ce fameux chant de cop n’avait jamais pénétré ses rêves. En voulant s’étirer de MOTEMO pour s’échapper de ses grosses gouttes de sueur et surtout cette chaleur que le contact de leur membre produisait. Elle crut avoir fait un cauchemar. MOTEMO tomba raide mort sur le lit. Elle fut tellement surprise qu’elle n’eut pas le temps de se rhabiller ; elle voulu crier mais, elle se sentir soudainement aphone. Toute nue, elle rejoignit père Philippe. En se lançant dans ses bras, elle beugla : « mon mari est mort dans mes cuisses » et c’est en cet instant qu’elle se rappela qu’elle était nue et porta une de ses mains sur sa forêt pour dissimuler son sexe.
Père Philippe qui avait longtemps pleuré n’eut pas les larmes pour MOTEMO.
Père Philippe voyait le restant de ses jours comme un véritable calvaire. Il voulu en mourir à la place de ses fils mais, il lui sembla que les Dieux étaient contents de le voir souffrir. Il avait tellement aigrir de ses réflexions. Il passait le long du temps à réfléchir sur l’attitude inébranlable de son fils MOTEMO. Ce dingue qui même au prix de sa propre vie, n’avait voulu satisfaire aucun caprice des WABO. Pour lui finalement, il n’avait que deux suppositions ou entendements pour expliquer la manière d’agir de Motemo. Soit dans l’au-delà, WABO FOTUE s’étant rendu compte des erreurs qu’ils ont commises durant l’existence, avait voulu se réincarner dans l’esprit de MOTEMO pour racheter sa progéniture. Et pour ce, il fallait payer le prix mais cette fois autrement. Pas plus pour satisfaire le caprice des gourous. A ce propos, il se dit que si tel avait été le cas, WABO FOTUE eut raison de le déshériter en mourant car s’il avait été à la place de MOTEMO, par soucis pour ses enfants, il aurait failli à sa lourde tâche. Outre cette supposition, il pensa que WABO FOTUE peut-être dans l’au-delà, avait utilisé MOTEMO pour se venger de son épouse. Mais, cette idée l’affola et il y renonça aussitôt.
En guise de conclusion, il rapprocha MOTEMO de cet abbé, qui à son époque, avait défié énergiquement les WABO. Pour lui, MOTEMO devait être son fantôme. Tellement, MOTEMO si souvent parlait de cet abbé qu’il ne puis s’empêcher de croire que MOTEMO fut son double.
MOTEMO en lieu et place de WABO FOTUE TAYOUTUE était mort sans verser aucune goutte de sang appartenant à autrui. Le faisant il avait coupé court avec les vieilles traditions. Désormais, c’était sur son crâne qu’il fallait venir faire les sacrifices. Le nouvel médiateur entre les humains et Dieu était dorénavant un esprit pur. Il était mort pour un idéal, purifier une tradition. Etablir une liaison honnête avec les Dieux et Dieu. Un mois après, quand Myriam vint annoncer que la dernière nuit avec MOTEMO avait porté de meilleures semences, il s’en réjouit mais une grosse ride apparue sur son visage. Chaque minute qui passait maintenant, le chagrinait. Il savait qu’il n’aurait pas du temps à sacrifier pour l’éducation et l’instruction de son fils. Chaque nuit le rapprochait de la tombe. Pourvu qu’il ne soit pas stupide comme son père, j’invoquerai de toutes mes forces la puissance de l’Eternel pour qu’il s’éloigne des affaires des Dieux.
Les Dieux ne sont pas faits pour être jugés. Le mystère de Dieux est si profond qu’il faudrait être l’un de leur pour porter un jugement à l’un de leurs disciples.
Seul leur maître devrait leur intenter un procès et non nous, pauvres humains que nous sommes.
Père Philipe avait fait venir sa belle fille ; il parlait en caressant son ventre comme s’il s’agissait de mamelles de MEGNE.
Ecoute fiston, le nom de ton père a porté en lui-même les germes de sa malédiction et la nôtre avec.
MOTEMO, MOTEMO, comme ton nom l’indique, tu fus orphelin ; tu n’eus personne à tes côtés. Ce qui fut ta perte et ton attitude envers les Dieux furent inébranlable pour plus fortement raison quand tu mourus il y avait personne à tes côtés. J’ai été longtemps ignorant pour ne pas savoir que seul ton nom pouvait être l’origine de notre perte ; de notre destruction. Je ne t’en veux pourtant pas.
L’histoire nous dira si tu fus rédempteur. Eh toi, petit fils, ne soit pas si stupide. Quand à toi, s’adressant à Myriam, cet enfant s’appellera SOH POUPON KAMGUE Philippe.
Cet enfant, dans les entrailles de sa mère ignorait peut-être là, l’unique paradis que le réserve cette terre.
Il ne savait pas encore que seuls ses futurs amis seront sa véritable richesse et sa famille. Il ne savait pas que c’est parmi ses futurs amis qu’il trouverait ses oncles et ses tantes. Pourquoi pas, sa grand-mère et ton grand-père !!
Il ne connaissait rien de la cruauté humaine. Loin des entrailles de sa mère, il ne pouvait s’imaginer qu’un jour, ceux qu’il tiendrait pour vrais amis, pourraient le laisser choir dans une mer des requins sans le fournir aucun explication. Il vivait à l’état pur, dans les entrailles de sa mère, son véritable paradis.
L’enfant naquit dans une clinique le 14 Juillet et au moment qu’il naissait, on annonçait à sa grand-mère le décès de son mari.
L’enfant hors des entrailles de sa mère, poussa son premier cri de détresse.
Il fut habillé en noir le jour même de sa naissance. Le symbole de toutes misères de l’humanité.
La veuve éplorée qui, n’avait plus de larme à couler même pour son mari, sourie, regarda l’enfant et dit : au moins toi, tu pourrais contribuer à pérenniser ma famille ; ainsi laissa-t-elle entendre en étouffant un sanglot. L’enfant caressa l’unique dent cariée qui lui restait dans la bouche.


le procès des dieux « première partie »

« Tu devras faire des sacrifices aux ancêtres enfin que ceux-ci t’intercèdent devant l’Eternel. »
Ainsi, avait dit le célèbre Khämsi. Et au bout de quelques instants, il avait renchéri, MOTEMO, si tu tiens à ce que tes affaires prospères, tu as intérêt à les faire de sitôt.
Ah ! Ce pauvre enfant ; Quelle fatalité. On aurait pu dire qu’il n’eût jamais de chance depuis sa naissance.
La fatalité le suivait depuis les entrailles de sa pauvre maman. Comment ne pas le croire quand on sait que durant son enfantement, sa maman a failli perdre sa vie. Au cours des neuf mois que dure une grossesse. Sa pauvre mère eu d’horrible crise, dans son agonie, cette femme laissa entendre qu’elle aurait conçu cet enfant en complicité des esprits malsains. Elle cru que son mari ce soir là, avait cédé sa place à Lucifer. Ce soupçon n’était plus a dissipé. Avant que son mari ne lui touche ce soir là deux jours avant, elle avait fait un rêve étrange.
Elle ne pouvait s’empêcher de penser à ce cauchemar dans lequel les eaux sales des testicules d’un vampire inondaient son vagin sans qu’elle ne puisse se révolter, ni crier. De nature bavarde comme une pie, les puissances maléfiques de ce vampire l’avaient rendu aphone.
Elle n’eût pas la force de beugler quand elle se rendit compte que l’enfant qu’elle berçait dans ce cauchemar possédait des cornes du buffle. Ce cauchemar l’avait longtemps traumatisée et malgré ce traumatisme, elle ne fit confidence à personne. Elle n’ouvrit la bouche qu’à partir du septième mois.
Bien que son mari fut ahuri par cet étrange évènement. Il n’y prit aucune considération quoique sa chère épouse insista qu’il fasse un tour chez TAMBOULE, le grand voyant de la contrée.
Jusqu’à la naissance de MOTEMO, père Philipe cru toujours que ces racontars révélaient des fantasmes de son épouse MEGNE. Pourtant deux évènements devaient finalement le contrarier.
Pour la toute première fois et après cinq accouchements, on dû passer par la césarienne pour sortit MOTEMO des entrailles d’une femme agonisant. Pire sa compression inopinée au lieu du service avait sur le coup entamé une dépression psychologie.
Pour une fois dans la vie, le destin lui était fatalement cruel, si cruel qu’il cru qu’effectivement, les vampires avaient visité sa femme et que par conséquent, MOTEMO devait être conçu des semences du diable. Comment ne pas le croire, non seulement sa naissance avait réduit la bourse de la famille à zéros, outre son père venait de perdre son boulot sans aucune explication de la hiérarchie et de plus sa pauvre mère, depuis son enfantement jusqu’à sa naissance, ’était toujours partagée entre la mort et la vie.
Il était donc clair que ce sont les esprits malsains qui avaient activés et participés à la procréation de MOTEMO, et pour s’en convaincre il remarqua que la bonhomie de sa tendre épouse avait disparu, les yeux rentrés dans les orbites et que seule sa volumineuse poitrine lui donnait un visage de femme. Ce qui le fit sourire car, il aimait les gros seins, et ne passait pas sans caresser l’un d’entre eux quoique la maigreur de cette femme enlevait toute envie d’aller jusqu’au bout. Ce n’est pas que le désir sexuel avait disparu ; même avec un bébé dans les bras de sa femme, il ne la laissait pas de répit. Et cette dernière savait le combler ; elle allait jusqu’à l’offrir une tasse de lait de ses propres seins chaque matin.
Sans doute, elle s’attendait au moins qu’il effluât de sa langue ces bouts de seins ; elle alla jusqu’à les sortir du soutien gorge pour l’offrir les tétons.
Mais, père Philippe en détourna son regard. C’est en ce moment qu’elle comprit que la naissance de MOTEMO et surtout sa survie après la césarienne était le prolongement du cauchemar qui la poursuivait depuis comme son ombre. Pour une fois, père Philippe avait refusé de prendre l’objet de son affection.
Ce refus de père Philippe ne se dissipa pas sans faire des ébullitions dans la cervelle de sa tendre épouse, père Philippe devait déjà avoir une seconde femme, mijota-t-elle. Quel gâchis MOTEMO ! Fils de Diable.
Depuis son mariage, elle avait tout fait pour responsabiliser père Philippe ; tout essayer pour le rendre fidèle, et c’est pourquoi elle s’offrait à lui-même pendant l’allaitement ceci dans l’espoir qu’il n’aille ailleurs chercher un pourri sexe. Voilà qu’avec la présence de MOTEMO, le système s’effondrait.
Or, la pauvre MEGNE ! Dommage qu’elle se fasse des soucis. Si au moins elle s’était imaginé la bonne raison de la révolte de père Philippe, elle se serait moins fait de mal en croyant que le serment de fidélité qui la liait à son époux avait été trahi. Certes, sa maigreur avait effrayé son mari. Il avait bien voulu prendre sa tasse de lait mais dans l’état ou apparaissait sa femme, son appétit disparu.
Cette femme jadis très, épaisse et d’une manière proportionnée avec de véritable pompon comme fesse n’était plus que l’omble d’elle-même. Père Philippe n’avait jamais remarqué que sa femme fondait ; qu’elle n’était désormais comparable qu’à un squelette humain. Ce squelette voulait l’allaiter drôle.
Chéri, j’ai les seins pleins de lait ; tu prends une tasse de ta préférée ? Non, laissa entendre père Philippe qui soudain fut arraché de ses réflexions par la surprise de cette voix.
Assis sur son lit, père Philippe profitait de la lumière solaire qui, pénétrait dans la maison par la fenêtre pour se rajeunir. En trois semaines, son menton avait l’air d’être une forêt. A l’aide d’une vieille lame de rasoir, il défrichait cette forêt sans se soucier des égratignures que cette lame, laissait sur ses joues. Tellement évasif dans ses pensées, il ne pouvait ressentir le moindre mal. Il venait de se souvenir que depuis la naissance de MOTEMO, il n’avait pas puisé dans son breuvage. Quoique conscient que ce breuvage déborderait de lait, il n’eût pas le courage d’aller traire sa vache. Sans avoir entendu les bruits que faisaient les pieds de sa femme, il faillit emplir la maison d’un beuglement avant de se rendre compte que c’était la main de son épouse qui caressait les os de son dos.
– Ah chéri, c’est toi ! Tu m’as fait tellement si peur, tellement l’histoire du vampire me traumatise qu’en ressentant la douce main effleurer mon corps, j’ai cru cette fois-ci que c’est une vampire qui devrait prendre ta place.
– Qu’est-ce-qui t’a pris de te rajeuni !
– Qu’est-ce-que tu es devenu beau !
De quelle beauté parlait-elle ? Elle devait être devenue aveugle pour ne pas remarquer que le ventre de père Philippe collait à ses intestins et que de son gros corps, seule sa tête avait conservé son volume. Son œil sans se perdre, avait rejoint les tréfonds de l’orbite.
Père Philippe n’avait conservé intact que sa voix roque, même sans rien dans l’estomac. L’écho de sa voix pouvait parcourir des dizaines de kilomètres.
Il fallait ne pas vraiment avoir tes yeux pour se passer du fait que le rajeunissement que s’octroyait père Philippe n’avait que l’effet d’une goutte d’eau dans la mer. Les multiples rides que comptait son visage, le faisaient avoir l’air d’un siècle ; il devait trop se faire de soucis. Pourtant, sa femme ne vit rien même en déshabillant son mari, elle ne remarqua pas que les os des côtes pouvaient se faire compter à l’œil nu. Tel n’était pas son problème ce jour quand elle vint dans la chambre de père Philippe. Elle voulait récupérer son objet ; le presser, le réactiver par l’action de ses mains et surtout de sa langue. Elle voulait se rassurer que se n’était pas mort pour l’éternité.
Père Philippe ne fit à cet appel aucune résignation mais au cours des ébats, elle remarquait son apathie. Elle attendait la main de son mari dans son sexe et sa langue sur les tétons mais, il resta inactif. Ce n’est qu’avec cette paralysie et ce mutisme qu’elle comprit que père Philippe lui était désormais étranger. Si elle avait été vigilante, elle se serait imprégnée de cette dramatique situation depuis longtemps. Pour une première fois, le père Philippe lui avait abandonnée leur chambre et ceci depuis la naissance de MOTEMO. Il couchait dans la chambre des enfants et parfois au salon et depuis, il n’avait pas traire sa vache. Mais la pauvre MEGNE avait cru qu’il était en mauvaise humeur.
Maintenant, elle était convaincue du contraire.
Ah ! Philippe, suis-je devenue une gourde au point tu n’éprouves plus en vie de m’embrasser ? C’est étrange pour un gourmand de sexe comme toi.
– Gronda-t-elle et Philippe s’en défendit en ces termes : tu te fais sûrement des illusions. Sais-tu c’est devenu harassant de vivre avec un moteur en présence dans les pensées ?
Ah, quel gâchis la naissance de MOTEMO !
Cet enfant pourrit notre existence.
A l’insu de la misère de ses parents, MOTEMO prenait de l’âge. Il ignorait que c’est en faveur de la charité et surtout de la solidarité Africaine que ses parents avaient survécu jusque là. D’ailleurs à son âge, il n’avait que foutre. Quand la famine torpillait son estomac, ses cris arrachaient les lourds seins du soutien gorge et en dépit des malheurs qu’était victime mamie MEGNE depuis l’enfantement de cet enfant, elle éprouvait une extrême joie d’offrir son lait à son nourrisson.
Maintenant, seul le tété ne le suffisait plus pour sa nutrition, il le fallait également du pilé de pommes de terre et parfois de la patate douce ou de la banane mûre. En deux ans de croissance son estomac avait tellement pris de volume qu’à chaque deux heures MOTEMO exigeait à manger. Déjà, il semblait se passer de sa pauvre mère. En titubant, il pouvait désormais aller visiter les marmites dans la cuisine sans toute fois déranger cette dernière.
Quand MOTEMO trouvait là, quelque chose à se bourrer le ventre, il se faisait une petite fête dans la tranquillité, de retour auprès de la maman, seules tes taches d’huile sur ses haillons et le reste de la bouffe entre ses mains pouvaient trahir le fait qu’il a visité la cuisine.
Mais quand il y avait rien du tout, il fallait s’attendre à de lourds sanglots et au jet à tort et à travers des marmites. Ces sanglots ne s’arrêtaient qu’avec la présence d’un doigt de banane entre ses doigts. Il ne fallait pas à ces moments là, le tendre les mamelons, c’était peine perdue. D’ailleurs il se serait donner le luxe de les mordre et très souvent, sa mère en sortait de l’expérience en hurlant Aie ! Aie ! Aie ! Pour éviter certaines exigences, sa mère très tôt, à cause de la précarité de la bourse familiale, avait refusé de l’offrir soi-même des bonbons, des chocolats et des biscuits.
En raison de la survie de la famille et surtout pour pallier aux énormes ennuies et tracasseries dû par le chômage, par son inactivisme, père Philippe s’était soi-même trouvé un emploi.
Muni d’une machette et d’une hache, père
Philippe se procurait gratuitement du bois dans une immense forêt envoisinant. En la commercialisation, au prix de grandes souffrances et risques. Il pouvait ainsi ajouter un plus dans l’alimentation de la maison et se procurer sa cigarette et sa kola sans mendier ni à gauche ni à droite.
C’est en début d’un après-midi, un dimanche qu’il avait expérimenté sa première aventure dans la forêt. Debout dans une barque, il avait courageusement longé et défié la monstruosité des eaux noires sur lesquelles surnageait son navire pour se rendre dans le ventre de la forêt. C’est par un ouf de soulagement qu’il avait remercié la longitude de ces arbres. Le soleil qui brûlait son crâne s’était évanoui au-dessus des feuillages. Il ne ressentait au pied de ces monstres géants qu’une curieuse humidité. Le silence de ces endroits étrangers donnait l’impression d’être dans un cimetière, et au moindre bruit, même de ses pas sur les feuilles mortes des arbres, il croyait qu’un fantôme s’éveillait de sa tombe. A la suite de la chute d’une branche morte, il eut peur au point d’uriner dans son pantalon. Cet évènement malheureux ne vint pourtant pas au bout de son courage et de ses forces. Il décida par la suite d’expérimenter la lime de son coupe-coupe pour une fois dans sa vie, il allait abattre un arbre. Il contempla pour la dernière fois, la fraîcheur de sa paume de main. Une frêle main tendre qui, maîtrisait les manières de tripoter les seins de MEGNE. Une main qui entrait dans les profondeurs de l’intimité de sa femme sans l’écailler le sexe. Une main dont sa douceur savait lui faire gémir et pleurer de plaisir. Cette main devait bientôt devenir rugueuse. Que devait ressentir MEGNE lorsque ces mains cailloux devaient parcourir son corps ? Elle devait sans doute avoir plus de mal que de plaisir. Qu’importe ??? Il choisit un arbre et arma là-dessus, les premiers coups de hache et de la machette. A peine avait-il commencé, un torrent d’eau ruisselait sur son corps, mais il eut raison de l’arbre en écoutant le premier claquement de l’arbre. Bientôt ce monstre allait échouer ; et le claquement final ne tarda pas. Au moment de son atterrissage subite, une branche pris dans sa course folle, le manche de la chemise de père Philippe et projeta ainsi l’homme à une dizaine de mètre mais, père Philippe n’eût qu’une égratignure au passage de l’alerte chaude.
Il n’eut même pas le temps de s’occuper de son monstre. De le découper en morceaux, de transporter les morceaux à travers les pistes sinueuses de la forêt jusqu’à la barque.
Le transport de ces petits monstres jusqu’à la barque nécessitant une extrême énergie.
En réalité, le poids des morceaux de billes n’était pas si effrayant. Seul le trajet à parcourir dans ces pistes sinueuses, jonchées de lianes et parsemées de ronces donnait l’impression que le poids de la charge était triple. C’est toujours à bout de souffle qu’on atteignait la barque. Pour ce seul jour là, père Philippe avait cru perdre son crâne sous le poids de ces charges sans cesse renouvelées. Essoufflé, il s’était efforcé d’aller jusqu’au bout de sa besogne. Le plus dur qu’il avait cru s’avéra être la plus facile. La traversée du cours d’eau pour le chemin de retour fut si paisible et aisée. Cette fois-ci, il ne faillait que descendre le cours d’eau et c’est au prix de moindre effort que la barque suivait sa trajectoire. Au bout d’une heure de navigation, il atteint le rivage et comme par providence, soudainement, une grosse femme de passage, lui proposa d’acheter son cortège de bois en l’octroyant une maudite somme de 30 000 F CFCA. La somme ne représentait rien par rapport aux efforts. Mais ça valait la peine de la prendre. Elle pouvait compenser l’énergie des forces perdues. Pour une fois encore, depuis deux ans, père Philippe bu une bière ; il se donna même le luxe de s’acheter une boîte de lait. Le lendemain, sa femme cuisina de la viande de bœuf pour le repas du jour.

A l’âge de cinq ans, MOTEMO fut inscrit à l’école missionnaire catholique de la contrée. Cette école célébrait en cette rentrée scolaire là, son vingtième anniversaire. C’était une vieille bâtisse de l’époque coloniale, construite à la terre battue et recouverte de paille, les cinq bâtiments qui composaient cette école étaient séparés d’entre eux par un espace d’un mètre.
Cette école comprenait : la sil, le Cours préparatoire 1 et 2 et le Cours élémentaire 1 et 2. Quand un enfant avait bravé toutes ces classes, l’administration l’envoyait continuer ses études à l’arrondissement. Là, où il devait faire le Cours moyen 1 et 2.
L’aura que jouissait les maîtres au sein de l’établissement était incommensurable. C’étaient des hommes vénérés comme des dieux. Quand le maître disait un mot, le mot était toute suite, considéré comme une vérité universelle et si ça venait du directeur, les enfants prenaient cela comme un repère fondamental. Il y avait dans ce village seul un maître pour dissuader un enfant de sa mauvaise conduite.
MOTEMO avait pris place dans la classe du maître qui terrifiait tous les élèves. Monsieur Eric était réputé pour être le plus brillant de tous les enseignants et d’être en même temps le plus sévère et redoutable dans les bastonnades. Il n’avait pas besoin du fouet. Pour toute punition, il te faisait porter un poids de 5 kg de part chaque main et à genoux. Pendant plus d’une heure. Il avait une heure précise pour le bâton et pour cela, il s’était fait remarquer par les élèves par sa règle plate chaque matin. Les retardataires avaient droit à dix coups. Il fallait fermer la main et au-dessus des os des phalanges. Il vous offrait vos dix coups. Quant à ceux qui ne parvenaient pas à réciter leur cours de veille, ils avaient droit à vingt coups.
MOTEMO qui vint deux semaines après le début des cours eu le temps d’observer la méthode didactique de Monsieur Eric. Il comprit donc qu’il avait à faire à de choses très sérieuses.
D’emblée, il saisit que cet homme au visage émacié, planté sur une tête de noix de coco, aux yeux de lapin ne le ferait aucun cadeau. Il devait garder ses caprices pour sa mère ; de nature, bavard comme une pie et embêtant comme un singe, MOTEMO se métamorphosa toute l’année en une colombe.
Le soleil était au Zénith mais, dans l’ombre de ces grands arbres de la forêt équatoriale, la chaleur se faisait de moins en moins pressante.
Père Philippe assis au-dessus du tronc d’un arbre qu’il venait d’abattre, remuant dans sa bouche un quartier de kola, il usait de temps en temps sa crasseuse chemise pour s’essuyer la sueur qui coulait à flot sur son visage. Cette sueur laissait l’impression qu’au milieu de cette forêt où, il y avait pas de signe de pluie qu’une torrentielle pluie s’était abattue seulement sur cet homme. Tellement, l’eau suintait de partout sur son corps au point qu’on pouvait y cueillir une bonne quantité pour la consommation. En rêvassant, une mouche se tint sur son crâne pour se désaltérer ; dans un excès de courroux, voulant tuer cette bestiole qui perturbait sa tranquillité, oubliant que c’était sur lui-même qu’il portait ce coup fatidique, il s’offrait une belle claque et se réveilla de ses rêves. Son crâne qui avait perdu depuis longtemps toute existence de chevelure dû à l’action déshydratante et répétée de la chaleur que le port de ces rondelles produisait sur la partie centrale de sa tête avait pris un bon coup.
Le fait que père Philippe avait fait de sa tête le meilleur moyen de transport des billes de bois fit de sorte qu’ainsi, il eut pour le restant de sa vie une large calvitie et ce qui ne se passa pas sans commentaire. En Afrique, du moins à cette époque là, le vulgaire savait que la calvitie était inéluctablement un signe de richesse, de prospérité et de bonheur. Cette calvitie réjouissait même ses ayant qui, voyaient là, un signe des dieux qui viendrait mettre terme à leur souffrance.
Mais comment pouvait-on interpréter cette calvitie née dans la forêt !! Peut être par les idées nouvelles que devait se faire père Philippe.
Le succès scolaire de MOTEMO l’avait plu et il savait que pour qu’il aille jusqu’au bout de ses études, il lui fallait désormais débourser trop d’argent. Pour pallier à cette nouvelle difficulté à venir, il entreprit donc de tendre dorénavant les pièges dans la brousse pour attraper du gibier enfin de le commercialiser pour épargner un peu d’argent. De même, il décida de faire de la pêche dans le sinistre cours d’eau qui serpentait la forêt.
Un dimanche matin, il prit la résolution d’expérimenter la méthode de pêche artisanale qui, consistait à sectionner le cours d’eau en affluent enfin de faire des deux côtés de l’affluent un barrage fait de vieilles tôles, de vieux contre-plaqués dûment recouvert d’un large filet. Laisser cette étape, il fallait vider l’affluent de son contenu d’eau et une fois épargné de l’eau, il capturait dans la boue une diversité de poissons notamment des carpes et de la silure. Il prenait soin de fouiller et de refouiller tous les recoins d’ailleurs les poissons qui tentaient une escapade, s’accrochaient au filet.
De retour, c’était toujours une joie à sa vue. En effet, depuis que père Philippe menait cette activité, il y avait toujours de la viande d’eau douce à la maison. Désormais il ne fallait que chercher l’aliment avec lequel l’accompagner. Pour marquer sa gratitude à l’égard des voisins qui l’avaient longtemps soutenu lors de sa longue période d’impasse, il les distribuait du poisson et ceci au moins une ou deux fois par mois. Le volume dépendait de la quantité rapportée. Ce geste de bonté de cœur, cette amabilité de père Philippe fit de sorte que de retour des champs, les voisins pour attirer de plus en plus sa sympathie l’envoyaient soit du manioc, du macabo, des ignames, de la banane et du plantain. Ces divers dons réduisaient le volume des dépenses acquises pour la cuisine à presque zéros.
Le dimanche devait sans doute être son jour de chance. Père Philippe avait observé que le rendement de sa besogne le dimanche était toujours presque toujours double ou triple. L’avènement d’un évènement éblouissant vint l’en convaincre de cette assertion. Comme tous les dimanches, ce jour-là, très tôt le matin, par réflexe il avait bondi du lit pour prendre possession de son pantalon. Bien qu’étant efflanqué de tous côtés, ce maillot était un élément indispensable pour la réalisation de son boulot. Non seulement, il servait de cache sexe bien outre, cela le protégeait des piqûres des insectes et des moustiques qui abondent notre forêt. Après s’être finalement enfilé sa chemise, coupe-coupe et hache en main, il prit le chemin de la campagne en minant un ancien slow à succès, sans doute, il se rappelait de cette musique qui l’avait précipité dans le bras de MEGNE pour ne plus en ressortir.
Le temps avait passé mais par ce matin, il se le rappelait comme si c’était hier. Ah ! Ce fameux soir du samedi au cabaret night club de …………. Jamais il ne s’était séparé des sensations que ces seins souples effleurant sa poitrine au rythme d’un va et vient régulier le procuraient. Après le slow toute la nuit, il avait cru être en possession, de cette jeune créature, qu’il venait à peine de connaître sur son lit. Son gland avait pris du volume, il avait senti ses mains tripoter la gosse poitrine de sa dulcinée, les gémissements de celle-ci le procuraient toujours plus de plaisir. Il sentait sa langue tantôt chercher celle de MEGNE étalé nu dans ses draps jusqu’au entrecuisse et comme parcouru par une décharge électrique, des frisons éboulaient son corps. Ne pouvait retenir le liquide, il l’avait déchargé dans ses culottes. L’éjaculation l’avait poussé à se réveiller il tâta son gland, il était là, raide mort. Il effleura sa culotte, un liquide gluant l’avait gagné. C’est donc ainsi être amoureux !! Objecta-t-il. C’est ainsi qu’à la suite d’un rêve hors du commun voir humiliant et scandaleux qu’il était sorti de sa timidité pour aller déclarer son forfait chez son élue. Il voulait vivre désormais dans la réalité des choses. MEGNE qui semblerait-il avait eu les mêmes émotions, elle que le regard de père Philippe avait de prime à bord foudroyée ce soir-là, ne fût par très étonnée.
D’ailleurs, n’est-ce pas elle qui avait laissé les mains de père Philippe profiter de la faible densité de la lumière pour se balader dans ses culottes !! Cette union, ce coups de foudre ; non, c’en était pas un. Déboucha trois années plus tard à un mariage civil. Au grand dan des filles plus riches, plus belles, père Philippe qui paraissait à son époque pour être un véritable dandy en dépit du regard dédaigneux des autres, épousa sa douce MEGNE.
MEGNE qui n’avait pas cru à la sincérité de père Philippe à ses débuts, d’hésitation en hésitation finit par rejoindre père Philippe dans son lit conjugal. Elle découvrit dans les draps que les allures de coureur de jupon qu’affectait si souvent son mari n’était qu’une mamie de ne pas laisser paraître son ignorance dans ce domaine. Tellement il fut nul…
En chancelant, il vint à déboucher dans la forêt avant de se rendre compte qu’il avait emprunté un chemin autre à ce qu’il voulu. Il dût rebrousser chemin. Il fallait d’abord qu’il finisse avec le transport d’un autre tas. La quantité du bois à porter fit grogner. Le poids de la charge n’était pas effrayant ; seul le trajet à parcourir, parsemé de ronces et jonché de lianes donnait l’impression que le poids était triple. Pourtant il fallait venir à bout de cette piste si luxueuse pour débarquer à la barque, père Philippe durant le multiple aller et retour quoique au début cela fut horrible et pénible, père Philippe y parvenait maintenant par habitude et par routine, ça fait plus d’une demie heure à transporter ce bois. Juste le temps de prendre une gorgée d’eau, il se déporta vers un grand acajou. Depuis longtemps, il tenait à abattre cet arbre mais, il ne savait pas trop ce qui l’en empêchait. Bien décidé d’en finir avec, il y laissa dessus les premiers coups de hache.
Curieusement, l’arbre hurla de la sorte d’un être humain. Aie ! Aie ! Aie ! Autre fait étonnant, la sève qui coulait de cet arbre n’avait rien de normal ; cela paraissait être du vrai sang humain. Stupéfait par cet évènement, ses particules de chevelures restantes sur son crâne dénudé, hérissèrent et prit de panique, père Philippe rangea ses armes. Au moment de partir, il entendit une grave voix remplir la forêt : Oh ! Fils tu as raison de démissionner, que la sagesse des dieux de ta famille continue à te guider. Ce ne fut qu’en ce moment que père Philippe comprit qu’il s’était attaqué à l’arbre où résidaient les totems des patriarches.
Sacré dimanche, dimanche des grands réflexes. Si c’en avait été un autre jour, je me serais obstiné à guerroyer contre ses génies pensa Philippe. A l’instar de Monsieur TUEGUEM Sylvanus, je me serais fait perdre un bras sinon, en ressortir les pieds devant.
Le feu TUEGUEM était un chasseur émérite dans la contrée. Homme paré de plusieurs pouvoirs et dons, il ne refoulait jamais devant un totem ni devant quelconque obstacle. Plus d’une fois, de retour de chasse, il était revenu soit avec un chimpanzé, un buffle, un rhinocéros et au lendemain de sa partie, on avait entendu des cris s’élever dans le village. Tel notable venait de mourir ! Tel notable venait de mourir ! Tel vampire venait de s’écrouler ! Ainsi de suite. Mais un jour, il croisa dans la brousse le totem de son propre père. Brandissant son arme sur l’animal, l’animal lui dit : « TUEGUEM, c’est moi ton père. Oserais-tu tuer ton papa ?
– Ah pauvre papa, je vois en toi un animal, rien ne m’empêchera de viser mon objectif.
– Vas-y donc fiston ; Qu’attends-tu.
– Dommage pauvre bête, mon père ne m’avait jamais dit qu’il possédait un totem ; que le buffle était son double.
– Puisque tu en veux des preuves, arme donc ton tir.
Le malheureux TUEGUEM se croyait trop puissant, il arma son tir. S’attendant à ce que la bête s’écroule au contact de la poudre, il fut surpris que la balle revint de sa trajectoire pour détacher de son membre, son poignet droit. Aie ! Mon poignet où est-il ? A tout jamais, ce poignet avait disparu même en traçant son cercle magique, en conjurant tous ses pouvoirs magiques pour prendre vengeance il ne pu défier l’animal. La bête disparu à ses yeux sans qu’il ne su lequel des chemins cet animal avait emprunté.
De son retour quand, il vint expliquer l’évènement à son père. Sur le seuil de la porte, il remarqua que ce dernier était légèrement blessé au niveau des côtés. A peine eut-il ouvert la bouche, son père lui remit son poignet et tous deux unanimes, enterrèrent l’organe.
En ressassant ces curieux évènements, père Philippe comprit qu’il avait failli être victime du même sort s’il s’était entêté. Heureusement que le dimanche était son jour de prédilection.
Avec le temps, ce garçon efflanqué, qui était réputé pour le port des vêtements effilochés, s’affirma être un véritable génie. Sans reprendre une classe, il passa son Brevet d’étude Secondaire avec bravoure. Bien que pour arriver jusque là sa scolarité avec profondément entamée l’épargne de père Philippe, celui-ci se réjouissa enfin d’avoir eu un fils digne d’intérêt dans la contrée. Son honneur accru quand MOTEMO fut coopté par les missionnaires pour enseigner les élèves du Cours Moyen Deuxième année.
Petit à petit, il refit la toilette de ses vêtements et de son physique. Il ne paraissait plus en public que costumé et parfumé. Ce n’était plus l’heure du chant des vaches maigres. Cela se faisait ressentir. Seule la valeur de sa paire de chaussures le confirmait.
MOTEMO était finalement devenu un homme digne de respect et d’admiration. Une seule année avait suffi pour effacer de la mémoire de ses camarades les vilaines impressions et les insultes que pendant des années, ils lui avaient accablées. Ses conégenaires savaient désormais tenir leur langue quand il s’agissait d’évoquer le nom de MOTEMO.
Même ses parents démentaient maintenant le fait qu’il soit un enfant vampire. MOTEMO les avait comblés de joie et de gratitude. Les vieilles redingotes de son père étaient changées tout neuf. Ainsi que les vieux cabas de « Mami-MEGNE ».


faut-il se plaindre des misères des étudiants au Cameroun?

Faites un tour dans les environs de l’Université de Douala, vous remarquerez le nombre sans cesse croissant des gargotes, des Snack-bars, des boîtes de nuits, de bars, des auberges et un palier de restaurants au delà du Camerounais pauvre, vraiment pauvre.
Dire que les étudiants au Cameroun vivent dans l’extrême pauvreté et qu’ils ont vraiment du mal à parfaire un brillant cursus scolaire, j’émets des doutes Eh bien ! pourquoi ?
Les additions que certains payent pour se faire plaisir sont au dessus de la mêlée. La misère des étudiants qu’ils laissent croire serait devenue pour d’aucuns un fond de commerce, une astuce bien saupoudrée pour escroquer les parents. Sinon d’où leur viennent ces énormes bourses qu’ils dépensent ?
Un ami me faisait entendre que le milieu estudiantin est le milieu par excellence où l’on trouverait des cuisses légères, ou des filles aux mœurs légers.
Pour ce, Elles ont une raison, assurer la ration alimentaire, payer les frais de loyer, d’Electricité et d’eau. Ce qui n’est pas des moindres dépenses rassurent-elles.
Cependant l’œil avisé sait que c’est du bluff. Elles sont friandes de mondanités et ceci les pousse en réalité à vivre au dessus des moyens qu’elles disposent légitimement.
Dans nos Universités, les mœurs ne sont pas catholiques, fille comme garçon on est connecté à la frime et aux aventures. Les jeux Universitaires sont là pour témoigner la légèreté de ces cops. Faites-y un tour, vous en ressortirez avec des milliers de condoms.
Il y a pas meilleurs milieu de brassage sexuel que nos universités.
Les parents souffriront moins si en réalité ces derniers n’étaient appelés qu’à régler l’essentiel. Mais que faire lorsqu’il faut payer les sessions d’été à l’un de nos étudiants à répétition ? En réalité ceux qui mystifient le milieu Universitaire sont des partisans de moindre effort. Devenir membre d’une société ésotérique, meubler le lit des professeurs relève tout simplement des caractéristiques du paresseux. L’argent pour polycopier les documents sert à autre chose et vous avez deviné …


Hélène la femme de mes dieux

Hélène.
Hélène, je suis venu te doter
Il m’a fallu faire un boulot de bagnard
Pour mériter ton amour
Regarde ces cauris
C’est de la monnaie ancienne
Aux perles rares,
Les objets de musée
Ainsi
Je suis venu te doter
Désormais, tu porteras mon nom.
Mon village sera sien
Et quoi ?
Hélène,
Voici ta dot.
Il m’a fallu du temps
Pour rassembler les trésors
J’ai boxé comme un esclave
Pour mériter ton Amour
Hein ! Hélène
Ton amour m’a donné des forces.
Quand j’aurai fait fortune
Et sortir triomphalement de l’amertume
Je saisirai ardemment la corde pour ne
Plus chuter
Je danserai au rythme de tes
Mouvements
De ton chant mélodieux

Le jour où j’aurai fait fortune
Je sortirai rechausser de belles images
Cependant, de quelle fortune s’agit-il ?
Si ce n’est toi
Voila pourquoi je reviendrai vers toi
Tu es unique et seul trésor
Demain je reviendrai vers notre nid
D’amour
Loin de toi la solitude

O feu de l’Amour
Feu de mes rêves
Toujours plus de tendresse
De chaleur dans notre cabane
Mille excuses
J’ai mis du temps à le comprendre
Après milles malheurs
Que de brulures

Voici que les lumières sage de nos
dieux
M’ont enseigné les rouages de la
Sagesse
Longtemps tapis dans les ténèbres

Dans l’éternel refus de consulter les
Devins
J’avais perdu le bon sens
Oh ! Éternel
Source de toute clarté

Enfin ton soleil illumine ma raison
Lune de Dieu
Je suivrai ton étoile
Ah ! Gaëlle
Qu’est-que j’ai été idiot
J’avais cru en suivant les battements
De mon cœur
Trouver dans son asile
Milles bonheurs échappés
Que non ! C’était sans compté le
Le courroux des dieux
Gaëlle la femme consacrée des aïeux
Princesse des montagnes
Je n’ai pu échappé

Suivons ensemble la courbe de nos
Destins
Oh ! Dieux
Être transcendant
Je n’objecterai plus à votre décision
Je vais de ce pas sceller l’Amour
Vous me l’avez consacrée

Gaëlle ce soir dans notre nid
Nous chercherons le futur héritier du
Trône.


Ces Hommes qui ont trahis les idéaux de l’enseignement confessionnel

Ils sont de tous bords, Présidents de la République, Directeurs Généraux, Ministres, bref tous les grands commis des États Africains et même parfois les prêtres et autres Ministres de Dieu sont dans la trappe.
Comme quoi, il ne suffit pas d’avoir fait le séminaire, un collège et une université confessionnelle, d’appartenir à une église, un groupe de prière pour brandir avec honorabilité une probité morale.
Les vertus de l’Église sont en décadence en dépit du fait que le nombre va sans cesse croissant. Des Églises et les mouvements religieux ont plus que jamais pignon sur rue en Afrique.
Autrefois vantées pour son enseignement et surtout son Éthique, sa discipline, sa rigueur, les Écoles confessionnelles qui ont produit ces hommes d’état qui, ont mis en faillite les sociétés africaines par leur implication dans des actions illicites, détournements des deniers publics, trafic d’influence, corruption des mœurs, sectes et autres ne se reconnaitront pas par l’attitude de leurs ouailles.
Comment comprendre l’échec de cet enseignement ?
– Les égoïsmes ont primé.
Le soi a été mis en avant-garde et ceci explique le pourquoi d’aucuns amassent des milliers de dollars individuellement. La solidarité et la charité sont des vues de façade. Hypocritement on fait des œuvres de charité dans le seul souci d’asseoir sa renommée d’avoir autres ouvertures pour mieux sévir et se servir.
Même à l’intérieur des familles, le je a pris le pas, seuls les événements malheureux unissent la grande famille, on préfère investir des milliers de francs pour un cercueil que d’aider le malade sur son lit d’hôpital. Le bien-être individuel est de prime et on raffole de plaisir de voir ses semblables dans la précarité, la mendicité, etc. …
– Le tribalisme un facteur de désintégration
– les camerounais se souviennent douloureusement des événements qui ont suivi après que le Pape Jean Paul II eu nommé Monseigneur André wounking comme archevêque de Yaoundé. Certains fidèles avaient érigés des barrières pour cet homme de Dieu n’ai pas d’accès à son nouveau lieu d’affectation.
La solidarité des troupes reste ce qui est de moins partagée entre les fidèles. Il y a une difficile pénétration entre les allogènes dans l’œcuménisme un peu partout au Cameroun.
Si parmi ceux qui sont sensés conduire le troupeau. Il existe ouvertement des inimitiés combien de fois pour des simples fidèles ?
– Le manque de foi aux valeurs reçues.
Comment comprendre l’appartenance de ces nombreux Messieurs issus de l’enseignement confessionnel dans plusieurs mouvements sectaires ?
Il semble qu’ils ne sont pas rassurés de leur sécurité par les garanties de l’espérance en Christ que prône l’Église. C’est pourquoi ils étendent des tentacules vers les sectes pour avoir ce sursaut d’orgueil d’invincibilité et une grande protection des forces obscures auxquelles ils croient et en redoutent dans une profonde inquiétude. Les gourous des sectes leur assureraient mieux que les simples canaux des prières qu’enseignent les écoles et université confessionnelles.


2004-2015,jugeons voir si Paul Biya a des circonstances atténuantes.

Le 31 Décembre 2007 dans son message de nouvel an, le chef de l’Etat disait : « Nous ne pouvons plus attendre que les dossiers passent d’ateliers en séminaires, de séminaires en comités sans résultats visibles. Aujourd’hui l’heure est à l’action. Secouons l’inertie, levons les obstacles, fixons-nous les objectifs, arrêtons les calendriers et (…) respectons-les ».
Pour s’en convaincre que résolument le gouvernement Paul BIYA était en action, le Ministre des travaux publics en 2011, son Excellence MESSENGUE AVOM Bernard affirmait que depuis l’année 2000, le Cameroun a le plus grand réseau routier en Afrique Centrale, soit 25% de routes bitumées de l’ensemble du réseau. Six piliers essentiels sous tendaient la politique des grandes ambitions du GOUVERNEMENT BIYA.
– Le désenclavement
– Les reformes institutionnelles
– La création emplois
– Le partenariat public-privé
– La nouvelle stratégie route rurale
– L’intégration nationale et régionale
Depuis lors nous avons vu l’offre énergétique s’améliorer, des nouvelles infrastructures ont vu le jour. La construction du port en eau profonde de Kribi est un projet qui a entrainé la création des emplois et ce port en eau profonde permettra de mettre en place une véritable chaine industrielle au Cameroun. Par ailleurs de nouveaux chantiers de réhabilitation et de construction des routes aussi bien urbaines que nationales. Ceux qui sont à Douala peuvent témoigner de la construction d’une autoroute à double voies entre Douala et Yaoundé ; le bitumage de la route Ayos-Bertoua se poursuit.
Dans cette même lancée, le programme de l’amélioration de l’habitat social par la construction de 10 000 logements et de 50 000 parcelles aménagées est sorti de ses balbutiements. Le gouvernement préconisait pour le secteur agricole à moyen et à long terme des ressources financiers substantielle mais aussi de développer à grande échelle des filières agropastorales et d’adapter des mesures permettant d’évoluer progressivement vers une agriculture intensive. Ceci était également pour parer la route à la vie chère dont à l’issu du conseil ministériel du 07 Mars 2008, un ensemble de mesures ont été mises en application sur la baisse des produits de grande consommation et l’approvisionnement optimal du marché en denrées de premiers nécessité.
L’incitation à la création des PME et l’initiative des micro projets qui sont des canaux actifs de génération de revenus pour les pauvres et l’initiative aux grandes entreprises à conclure des contrats de sous-traitance avec les PME-PMI, pour un accès au capital est louable.
Pour lutter efficacement contre l’exclusion sociale des groupes défavorisés les politiques ont été prises par les autorités avec la participation des acteurs sociaux intéressés et des principaux donateurs des mesures ont été également prises afin de rendre accessible et disponible aux populations des médicaments essentiels génériques et de qualité à des prix acceptables.
Sans être un spécialistes des questions politiques et des stratégies politiciennes et sans faire l’apologie du renouveau qui par ces six axes définissait sa nouvelle stratégie politique à l’aube de son septennat en 2004 où il demandait par ailleurs à ces compatriotes de lui renouveler un contrat de confiance j’estime qu’après plus de 10 ans, les choses ont changés sur la ligne.
Chacun peut juger de sa propre opinion et mesurer la capacité du renouveau à tenir ses engagements et s’il y a lieu de l’accorder un sursis. Un adage dit : « Mieux tard que jamais » le renouveau national tel un vieux vin, avec de l’âge s’est revigoré et va à la conquête et d’un pas sûr, du slogan qui a fait l’emblème de son investiture en 1982, rigueur, moralisation des finances publiques, progrès social, bref l’inertie est terminée
L e 03 novembre 2004, lors de sa prestation de serment Paul Biya disait : « Notre pays a besoin des routes, de ponts, de barrages, d’installations portuaires, de moyens de communication ferroviaires et aériens, sans oublier un accès généralisé à internet « … »Nous allons nous y atteler ». Ne pouvons-nous pas dire que l’heure de l’état voyou est terminée ?